L'abbaye du Thoronet, fin du XIIe siècle

La vie des moines


Saint Benoît donnant sa règle à un moine
La vie dans un monastère est régie par un ensemble de règles très précises, organisant en 73 chapitres les activités matérielles, intellectuelles et spirituelles des moines : c'est la règle de saint Benoît, en vigueur dès le VIe siècle.

Quand Benoît naît vers 480, l'Empire romain vient de s'effondrer et les premières communautés monastiques se développent en Occident. Dégoûté par la corruption qui règne à Rome, Benoît mène quelque temps une vie d'ermite avant de fonder le monastère du Mont-Cassin vers 529. C'est là qu'il rédige sa Regula Monachorum détaillant, en 73 chapitres, l'organisation d'un monastère, la vie matérielle et spirituelle des moines. Considéré comme le père du monachisme occidental, il donne son nom à l'ordre des bénédictins.
 

Une règle facile à appliquer

Saint Benoît rédige une règle simple, qui met en place une vie communautaire solidement structurée, sous l'autorité d'un père spirituel, l'abbé. Cette règle organise la vie monastique à travers trois activités : le travail manuel, la lecture des textes sacrés et l'office divin. Elle privilégie la prière personnelle, afin d'avoir une communication plus intime avec Dieu et d'amener à la perfection intérieure. Elle prône également les vertus monastiques, comme l'humilité, le renoncement à soi-même, la charité. La devise de saint Benoît, "Ora et labora" (Prie et travaille), est restée celle de l'ordre bénédictin.
Benoît meurt en 547. Sa Règle des moines est diffusée par Grégoire le Grand, pape de 590 à 604. Afin que tous les monastères possèdent la même organisation et les mêmes règles morales, Pépin le Bref, qui règne de 751 à 768, impose la règle de saint Benoît aux moines. Celle-ci est massivement diffusée à travers l’Europe grâce aux copistes et est adoptée par de nombreux monastères parce qu’on l’estime facile à appliquer : on parle d’ordre bénédictin. 
Aux XIe-XIIe siècles, les moines cisterciens emmenés par saint Bernard ne critiquent pas la règle de saint Benoît, mais le laxisme avec lequel elle est désormais appliquée dans les ordres les plus puissants.