Le Bon Marché, 1870-1887

Le couple Boucicaut

 

Le couple Boucicaut
Né en 1810, fils de chapelier, vendeur sur les marchés, Aristide Boucicaut part faire carrière à Paris en 1835. Il y découvre une nouvelle manière de faire du commerce avec les "magasins de nouveautés", plus grands et mieux achalandés que les petites échoppes.
Plus tard, alors que les travaux d’Haussmann bouleversent et métamorphosent la capitale, Boucicaut s’associe au propriétaire d’une mercerie encore modeste située rue du Bac dans le 7e arrondissement de Paris : le Bon Marché.
C’est là qu’Aristide Boucicaut, largement secondé par sa femme Marguerite, invente le premier grand magasin moderne, pour lequel il fait construire un bâtiment qui existe encore aujourd’hui.
Il s’adresse en 1869 à l’architecte Louis-Charles Boileau, qui travaillera avec Armand Moisant et Gustave Eiffel. Les travaux sont achevés en 1887.
Dans son magasin, Aristide Boucicaut teste avec succès toutes les techniques commerciales qui séduisent la bourgeoisie nouvellement enrichie du XIXe siècle et la poussent à consommer toujours davantage : prix modiques, rotations des collections, soldes, mise en valeur des marchandises, échanges, vente par correspondance…

La fabrication des échantillons
 
Parallèlement, le nombre d'employés passe de 12 à 1 788. Les semaines de travail sont longues et les salaires souvent modestes, mais le couple Boucicaut instaure la fermeture du dimanche (la loi ne l’impose qu’en 1906), une cantine gratuite, une assistance médicale, un système de formation continue ou encore une pension de retraite pour les employés du grand magasin.
Dès la pose de la première pierre des travaux d’agrandissement en 1869, les Boucicaut font part de cette volonté sociale.
Ils enterrent en effet dans une boîte de plomb la déclaration suivante : « Je désire donner à cette construction, toute spéciale, une organisation philanthropique qui me permette, en me rendant utile à mes semblables, de témoigner à la Providence toute ma reconnaissance pour le succès dont elle n'a cessé de couronner mes efforts… »