Le château de Pierrefonds, 1858-1885

Viollet-le-Duc et les artisans du bâtiment

 
Viollet-le-Duc s’entoure d’artisans dont il connaît et apprécie le savoir-faire, et refuse d’en changer pour des raisons de coûts ou de proximité avec le chantier. Certaines entreprises demeurent ainsi pendant toute la durée, pourtant exceptionnelle, du chantier. Les plus connus sont les ateliers Monduit, spécialistes de la plomberie et de la plomberie d’art, qui réalisent les ornements des toits et sont toujours exposés au château aujourd’hui.
Convaincu que le système de compagnonnage médiéval formait des artisans expérimentés, travaillant en liaison directe avec l’architecte, Viollet-le-Duc milite pour une meilleure formation des ouvriers du bâtiment, et pour une implication de l’architecte vis-à-vis de ceux qu’il emploie. Dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture, à l’article "Ouvriers",il écrit : "Les chantiers ouverts sur plusieurs points de la France pour la restauration de nos anciens édifices du Moyen Âge ont formé des pépinières d'exécutants habiles, parce que, dans ces chantiers, la perfection de la main-d'œuvre est une condition inhérente au travail. Tout cela est à considérer, mais ce qu'il faudrait, c'est un enseignement pour les ouvriers de bâtiments ; le système des corporations n'existe plus, il serait nécessaire de le remplacer par un système d'enseignement appliqué. En attendant, les architectes, sur leurs chantiers, peuvent prendre une influence très-salutaire sur les ouvriers qu'ils emploient, s'ils veulent se donner la peine de s'occuper directement du travail qui leur est confié, et s'ils ne dédaignent pas de leur expliquer eux-mêmes les moyens les plus propres à obtenir une exécution parfaite."