Les Travaux publics

La construction du réseau ferré


Le tracé des nouveaux chemins de fer
À partir de la fin du XVIIIe siècle, la première révolution industrielle occasionne un changement profond des modes de production et de transport. Ce phénomène est lié au développement de la machine à vapeur, qui actionne les machines dans l'industrie (notamment textile), mais aussi dans les transports avec la locomotive à vapeur.
En France, la première ligne de chemin de fer voit le jour en 1827 entre Saint-Étienne et Andrézieux. En 1833, le plan Legrand prévoit la construction de lignes de chemin de fer en étoile à partir de Paris.  Les nouvelles lignes adoptent souvent le  tracé des voies romaines et suivent le tracé des vallées, évitant ainsi les pentes les plus raides que les premières locomotives n'auraient pu gravir.
En quinze ans, de 1827 à 1842, on construit 569 km de lignes ferroviaires en France. Mais l’essentiel des travaux sera réalisé en 30 ans entre 1840 et 1870. Au-delà de la voie ferrée, il faut également construire des tunnels, des passerelles, des ponts et des viaducs pour enjamber les reliefs les plus accidentés.

 

La construction du Viaduc de Garabit

Des ouvrages d'art de grande ampleur

Deux de ces ouvrages d'art marquent particulièrement les esprits.
En 1871 est inauguré le tunnel du Mont-Cenis, tunnel ferroviaire de 12 km de long qui passe sous les Alpes et dont les travaux ont débuté en 1857. Les travaux se font grâce à une toute nouvelle perforatrice à air comprimé, mais aussi à grand renforts d'explosifs pour fragmenter les roches les plus dures, tandis que la voie ferrée est construite au fur et à mesure du percement. En 1870, la rencontre des deux équipes italiennes et françaises qui avaient débuté les travaux chacune de leur côté constitue un véritable événement.
En 1884, l'ingénieur Gustave Eiffel termine le viaduc de Garabit. C'est au moment de sa construction le plus grand ouvrage d'art métallique au monde. Véritable défi architectural, le viaduc s'élève à une hauteur de 122 m au-dessus d'une vallée étroite, sur une longueur de 564 m. Sa construction dure 4 ans, et permet à l'architecte de mettre au point et perfectionner les techniques qu'il utilisera ensuite pour la tour Eiffel.

La gare d'Orsay, vue générale du hall, 1900

La construction de gares

Le grand chantier ferroviaire s'accompagne de la création de grandes compagnies de chemin de fer, qui construisent des gares monumentales, à même d'accueillir des voyageurs de plus en plus nombreux.
En 1897, la Compagnie des Chemins de fer d'Orléans projette de faire construire une gare en plein cœur de Paris, la future gare d’Orsay. Les contraintes liées au quartier très bourgeois et proche du Louvre obligent à intégrer la gare dans la ville.  L’architecte choisit de masquer les structures métalliques par une façade en pierre qui s’appuie sur elles.
D'autres gares plus anciennes sont transformées de fond en comble, comme la gare Saint Lazare agrandie en 1851 et qui a aussi recours à toutes les innovations de l'architecture de fer.
En 1946, dans l'immédiate après-guerre, la SNCF lance cinq plans successifs destinés à  la reconstruction et la modernisation du réseau. Le transport ferroviaire est considéré comme prioritaire pour le développement économique.