Le saumoduc entre Salins les bains et la saline d'Arc et Senans
Musée de Salins les bains, Jura
© Musée de Salins les bains
Ledoux décide de construire la saline non pas à proximité des sources d’eau salée de Salins les bains, mais de la forêt de Chaux, distante de 13 km à vol d’oiseau. Il y trouvera ainsi le bois nécessaire pour faire bouillir les eaux salées et en tirer le sel, mais aussi de vastes espaces pour construire une saline aérée et étendue.
Il faut donc construire un "saumoduc" (canalisation pour la saumure, ou eau salée) pensé pour acheminer les eaux vers l’usine. Le sauoduc est constitué de troncs de sapins évidés à la tarière et taillés en cônes, puis insérés les uns dans les autres. Les troncs sont maintenus les uns avec les autres par des cercles de fer, nommés "frettes". 15 000 troncs ont été nécessaires pour réaliser le saumoduc.
Pour de raisons de sécurité, le saumoduc est constitué de deux canalisations. Quand l’une est en réparation, les eaux continuent à se déverser dans l’autre.
Mais les troncs en sapin présentent beaucoup de fissures qui provoquent la perte de presque 30% des eaux salées. À partir de 1782, ils sont remplacés par des tuyaux en fonte.

Le tracé du saumoduc fait l'objet de nombreuses études. Suivant les cours des deux rivières, la Loue et la Furieuse, il subit un dénivelé de 143 mètres. C’est un géomètre, Dez, qui dresse les plans des terrains acquis par le roi pour y installer les canalisations.
Le saumoduc contourne les reliefs, c’est pourquoi il est beaucoup plus long que la distance à vol d’oiseau : 21 km.
Il est enterré afin d’être préservé du gel, mais aussi des voleurs ! Car le sel est une denrée précieuse, et les contrebandiers percent régulièrement les canalisations pour recueillir la saumure.
Au final, 135 000 litres de saumure sont envoyés quotidiennement depuis Salins.
 
 

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