Le maçon

La chanson des maçons de la Creuse

Parole et musique de Martin-Cayla
 
I
On a fait des chansons
De toutes les manières,
Sur les joyeux garçons,
Les guerriers, les bergères,
Pour ne pas répéter
Une chose ennuyeuse
Ami, Je vais chanter
Les maçons de la Creuse
II
Quand revient le printemps,
Ils quittent leur chaumière,
Laissant les vieux parents,
Les enfants et la mère.
On voit le désespoir
De la femme vertueuse,
Lorsqu'elle dit au revoir
Au maçon de la Creuse
III
Les voilà donc partis
Pour faire leur campagne.
Ils s'en vont à Paris,
En Bourgogne, en Champagne.
Ils sont fiers et d'ailleurs,
S'ils ont la main calleuse,
Ce sont des travailleurs,
Les maçons de la Creuse.
IV
Les fortifications
De nos villes guerrières,
Les forts et les bastions
Que bordent les frontières,
Et tous ces vieux châteaux
Aux tours audacieuses
Ce sont les beaux travaux
Des maçons de la Creuse.
V
Voyez le Panthéon,
Voyez les Tuileries
Le Louvre et l'Odéon,
Le palais de l'Industrie.
De tous ces monuments,
La France est orgueilleuse ;
Elle doit ces ornements
Aux maçons de la Creuse.
VI
Tous ces chemins de fer
Qui traversent la France,
Coûtent bien des revers
Et plus d'une souffrance
Ces canaux et ces ponts,
De la Saône à la Meuse,
Vous rediront les noms
Des maçons de la Creuse.
VII
N'aimant pas à bâiller
Quand ils sont à l'ouvrage
On les voit travailler
Avec un grand courage.
Sans vouloir les vanter,
Leur vie est laborieuse :
On peut les imiter
Les maçons de la Creuse.
VIII
Chez nous pendant l'hiver,
Meilleur temps de l'année,
Chacun s'en va tout fier
Avec sa bien-aimée ;
Et narguant la saison,
La fille est bien heureuse
D'avoir dans sa maison
Un maçon de la Creuse.

XIX
Malgré son dur labeur,
Le maçon toujours chante.
Il a la joie au cœur
Et son âme est contente.
Quand finit la saison,
C'est une chose heureuse :
Il s'en va sans façon
Au pays de la Creuse.