La ziggurat de Babylone, début du IIe millénaire avant J.-C.

La tour de Babel

par Hérodote
 
Les deux quartiers de la ville avaient en leur centre chacun une enceinte fortifiée : dans l’un, le palais royal entouré d’un mur haut et solide, dans l’autre un sanctuaire de Zeus Bélos aux portes de bronze, qui existait encore de mon temps. Le sanctuaire est un carré de deux stades de côté [soit 370 m] : au milieu se dresse une tour massive, longue et large d’un stade [soit 185 m], surmontée d’une autre tour qui en supporte une troisième et ainsi de suite, jusqu’à huit tours. Une rampe extérieure monte en spirale jusqu’à la dernière tour ; à mi-hauteur environ il y a un palier et des sièges, pour qu’on puisse s’asseoir et se reposer au cours de l’ascension. La dernière tour contient une grande chapelle, et dans la chapelle on voit un lit richement dressé, et près de lui une table d’or. Mais il n’y a point de statue, et nul mortel n’y passe la nuit, sauf une seule personne, une femme du pays, celle que le dieu a choisie entre toutes, disent les Chaldéens qui sont les prêtres de cette divinité. Ils disent encore que le dieu vient en personne dans son temple et repose sur ce lit.
Extrait de Histoires I, 181, Hérodote, traduction Andrée Barguet, Gallimard, 1964