L'Alhambra de Grenade, XIIIe-XIVe siècles

Techniques et métiers

Le stuc

À l’Alhambra, on pourrait être surpris par la pauvreté des matériaux : pas de dorures ni de pierres précieuses, peu de marbre, des mosaïques en céramique relativement simples… C’est le stuc qui est à l’honneur. Ce matériau, constitué de gypse, de chaux, de sable et de poudre de pierre, est léger, peu coûteux et assez facile à travailler. Ce choix peut être économique, mais il constitue aussi un signe d’humilité de la part des commanditaires et de leurs maîtres d’œuvre. Le palais se veut une imitation du Paradis, mais il importe de souligner le caractère éphémère de la construction humaine par rapport à la création divine.

L’emploi d’un matériau "pauvre" ne contraint pas cependant l’artiste : les motifs ornementaux (géométriques et végétaux) et les calligraphies varient à l’infini. Ainsi, les innombrables colonnes de plâtre dans la cour des Lions ne jouent pas vraiment le rôle de structures porteuses ; elles sont les supports des réseaux et des résilles de stuc taillé.

Les stucs de l’Alhambra peuvent être soit taillés, soit moulés – cette dernière technique étant la plus simple et la plus rapide. Une fois terminés, les motifs sont revêtus d'un badigeon de lait de chaux afin de donner cette patine et cette teinte blanc cassé caractéristique. Certains éléments peuvent être également peints, comme les muqarnas de la coupole sur lesquelles le bleu rehausse les reliefs et les motifs.