Le château fort, XIIIe siècle

Techniques et métiers

Les latrines

À la campagne, les toilettes privées ne sont pas jugées indispensables : les résidents vont se soulager dehors ou à l’étable, où sont fréquemment installés des sièges de toilettes. Mais au château ou en ville, elles constituent très tôt un élément de confort essentiel et témoignent d’un sens du confort certain.

Le plan des châteaux permet de repérer aisément l'endroit réservé aux latrines : elles sont en général installées dans une tour ou dans une tourelle en surplomb d’un fossé, le plus loin possible de la façade principale. Ces latrines en encorbellement, dont l’installation est peu coûteuse, n’ont pas besoin de conduits ni de fosses : les matières fécales tombent directement dans un fossé ou dans un espace isolé, au pied de la muraille, où les jardiniers peuvent les récupérer pour le compost.

Les toilettes disposent d’une porte ; elles sont aérées par un "éventouer", simple petite ouverture démunie de verre à vitre. Elles sont construites de préférence au dos d’une cheminée, afin d'être chauffées par la paroi mitoyenne. Le trône est maçonné quand il est construit dans le bâtiment même, ou en plâtre, plus léger, dans le cas des encorbellements. Le siège, dépourvu de couvercle, est en bois. Dans les hôtels aristocratiques, il est recouvert de velours. Dans les espaces publics, on trouve des toilettes collectives sous forme de bancs de bois percés à plusieurs places.